
Présenter une PME à un acquéreur potentiel suppose de révéler progressivement des informations qui font sa valeur : portefeuille clients, résultats financiers, contrats commerciaux, organisation interne et perspectives de développement. Communiquées prématurément, ces données peuvent être exploitées au détriment du vendeur, notamment lorsque le candidat repreneur exerce une activité concurrente.
L’accord de confidentialité, également appelé NDA (Non-Disclosure Agreement), permet d’encadrer contractuellement la transmission et l’utilisation de ces informations. Il définit les données protégées, les destinataires autorisés, la finalité des échanges, les obligations des parties et les conséquences d’une violation.
Sa signature ne remplace toutefois ni la sélection rigoureuse des candidats ni les précautions relatives aux données personnelles. En France, certaines informations bénéficient déjà d’une protection légale, mais le NDA précise les engagements applicables à une négociation particulière. Dans les autres pays francophones, sa rédaction doit être adaptée au droit local.
Pour protéger efficacement une transmission d’entreprise, l’enjeu consiste donc à combiner un accord juridiquement adapté, une communication progressive et une traçabilité des documents transmis.
Les précautions essentielles avant de communiquer les données d’une PME
- Faire signer un accord de confidentialité adapté avant de transmettre les informations commerciales, financières ou stratégiques sensibles.
- Définir précisément les données protégées, leurs destinataires, leur utilisation autorisée et la durée des obligations.
- Organiser un accès progressif aux documents, puis prévoir leur restitution ou leur destruction si les négociations échouent.
- Pourquoi communiquer sa liste de clients sans accord peut-il fragiliser une vente ?
- Comment définir précisément les données confidentielles dans un accord préalable à une cession ?
- Accord unilatéral ou réciproque : lequel privilégier entre vendeur et repreneur ?
- Comment éviter que les informations transmises aux auditeurs soient divulguées ?
- Quand et comment exiger la restitution ou la destruction des données après une négociation avortée ?
- Comment approcher un dirigeant acquéreur sans compromettre la confidentialité d’un éventuel départ ?
- Pourquoi utiliser un teaser anonyme avant de dévoiler le dossier complet d’une PME ?
- Comment préparer un dossier de présentation d’entreprise qui attire des acquéreurs sérieux tout en restant protégé ?
Pourquoi communiquer sa liste de clients sans accord peut-il fragiliser une vente ?
Communiquer une liste de clients avant d’avoir encadré son utilisation peut permettre à un repreneur potentiel d’identifier les principaux comptes commerciaux, de comprendre leur importance économique et, dans certains cas, de les démarcher. Cette exposition risque d’affaiblir l’activité pendant la négociation. Un accord de confidentialité réduit le risque en définissant des obligations contractuelles opposables.
Le fichier clients constitue souvent l’un des actifs commerciaux les plus sensibles d’une PME. Il peut révéler les coordonnées des donneurs d’ordre, leur historique d’achat, les volumes facturés, les conditions tarifaires ou le degré de dépendance économique envers certains comptes.
Un acquéreur exerçant dans le même secteur pourrait exploiter ces renseignements pour identifier des prospects ou affiner sa politique commerciale. Le risque est particulièrement important lorsque plusieurs entreprises concurrentes sont simultanément examinées par un même candidat.
La divulgation peut également avoir des conséquences indirectes. Si des clients apprennent prématurément qu’une vente est envisagée, certains peuvent s’interroger sur la continuité de leurs relations commerciales. Une fuite interne pourrait aussi perturber l’équipe commerciale. Une dégradation effective des résultats pendant les discussions serait susceptible de compliquer la négociation du prix, sans que cette conséquence soit automatique.
L’absence de NDA ne signifie cependant pas qu’aucune protection juridique n’existe. En France, l’article 1112-2 du Code civil prévoit une responsabilité en cas d’utilisation ou de divulgation non autorisée d’une information confidentielle obtenue à l’occasion de négociations. Le secret des affaires peut également protéger certaines informations lorsqu’elles remplissent les conditions légales.
L’article L151-1 du Code de commerce sur le secret des affaires exige notamment que l’information présente une valeur commerciale liée à son caractère secret et fasse l’objet de mesures raisonnables de protection.
Une liste de clients n’est donc pas automatiquement protégée au même titre dans toutes les circonstances. Sa sensibilité, son caractère secret et les mesures déjà prises par l’entreprise doivent être examinés.
Le NDA apporte une sécurité contractuelle supplémentaire : il identifie les informations concernées et interdit leur utilisation à d’autres fins que l’évaluation de l’acquisition envisagée. Selon les circonstances et le droit applicable, une clause distincte de non-sollicitation ciblée peut compléter ce dispositif.
La confiance personnelle entre dirigeants facilite les échanges, mais ne remplace pas un document précisant les engagements de chacun. La première protection consiste à identifier ce qui doit rester confidentiel avant de choisir les modalités de transmission.
Comment définir précisément les données confidentielles dans un accord préalable à une cession ?
La définition des informations confidentielles doit couvrir les documents financiers, commerciaux, humains et stratégiques transmis pour évaluer la PME, sans englober indistinctement toutes les informations existantes. Un NDA efficace précise la nature des données, leurs supports, les modalités de communication et les exceptions applicables. Il doit également protéger les échanges oraux sensibles.
Une définition excessivement générale, par exemple « toute information relative à l’entreprise », peut générer des contestations sur ce qui était réellement confidentiel et sur les obligations attendues. À l’inverse, une liste trop restrictive risque d’exclure un document transmis ultérieurement.
La solution consiste à associer une définition générale liée à la finalité de la négociation à des catégories identifiables de documents.
Une cartographie préalable permet de déterminer les informations qui pourront être communiquées à chaque étape :
| Niveau | Informations concernées | Précaution recommandée |
|---|---|---|
| Identification | Secteur, zone géographique élargie, activité générale | Communication anonymisée avant NDA lorsque possible |
| Financier agrégé | Chiffre d’affaires, rentabilité, évolution globale de l’activité | Communication après signature du NDA |
| Commercial et opérationnel | Contrats, fournisseurs, organisation, carnet de commandes | Accès contrôlé selon l’avancement des discussions |
| Hautement sensible | Identités clients, marges détaillées, conditions tarifaires, informations individuelles sur les salariés | Accès restreint et justification précise de la nécessité |
La protection doit aussi concerner les informations échangées pendant les réunions, appels téléphoniques ou présentations orales. Une clause peut prévoir leur inclusion dans le périmètre du NDA, avec une confirmation écrite lorsque cela facilite leur identification.
Pour établir ce qui a réellement été transmis, le vendeur peut conserver un registre daté des documents, signaler les fichiers confidentiels et archiver les comptes rendus d’échanges importants.
Les données personnelles exigent une vigilance distincte. La signature d’un NDA ne constitue pas, à elle seule, une base légale de traitement au sens du RGPD. La communication d’informations identifiantes concernant les clients ou salariés doit être appréciée selon sa finalité, sa nécessité et les obligations applicables.
La CNIL rappelle les règles applicables à la vente de fichiers clients, notamment concernant la licéité des données, la prospection et la sécurité de leur transmission. Cette publication concerne spécifiquement les fichiers clients destinés à des usages commerciaux : ses prescriptions ne doivent pas être transposées automatiquement à toute data room de cession.
Pour un audit préalable, l’anonymisation ou l’agrégation constituent des précautions pertinentes lorsque l’identification des personnes n’est pas indispensable.
Une fois ce périmètre défini, le vendeur peut déterminer si les obligations doivent peser uniquement sur le repreneur ou sur les deux parties à la négociation.
Accord unilatéral ou réciproque : lequel privilégier entre vendeur et repreneur ?
Un accord unilatéral convient généralement lorsque seul le vendeur communique des informations sensibles. Un accord réciproque devient pertinent si le repreneur révèle également des données confidentielles concernant son financement, sa stratégie ou son organisation. Le choix dépend donc de la réalité des échanges, et non d’une préférence systématique pour une forme contractuelle.
Dans une cession de PME classique, le vendeur transmet souvent davantage d’informations stratégiques que le candidat acquéreur. Un NDA unilatéral peut suffire pour encadrer cet accès, en identifiant le vendeur comme partie divulgatrice et l’acquéreur comme partie destinataire.
Lorsque le candidat repreneur expose ses propres projets de développement, la structure d’une opération complexe ou des éléments confidentiels de financement, un accord bilatéral peut protéger chaque partie selon des obligations comparables.
La fiche de Bpifrance Création sur l’accord de non-divulgation distingue ces formes contractuelles et présente les obligations de confidentialité, de non-utilisation et de sécurisation pouvant être prévues.
Le choix doit toutefois être séparé de l’évaluation du sérieux de l’acheteur. Un vendeur peut demander des éléments permettant d’apprécier sa capacité financière et son projet de reprise sans exiger automatiquement un accord bilatéral.
| Critère | Accord unilatéral | Accord réciproque |
|---|---|---|
| Circulation des informations | Principalement du vendeur vers l’acquéreur | Dans les deux sens |
| Situation caractéristique | Évaluation d’une PME par un candidat | Échanges stratégiques confidentiels entre les parties |
| Parties tenues à la confidentialité | Principalement la partie destinataire | Chaque partie pour les informations reçues |
| Vigilance de rédaction | Précision des personnes autorisées à consulter | Équilibre et adaptation des obligations respectives |
La confidentialité ne doit pas être confondue avec l’exclusivité de négociation. Un NDA n’a pas vocation, à lui seul, à empêcher le vendeur de rechercher d’autres acquéreurs. Une exclusivité éventuelle mérite une négociation distincte, notamment sur sa durée et ses conditions.
La même prudence s’impose pour les clauses de non-sollicitation. Interdire de manière générale tout contact avec les clients ou salariés de l’autre partie peut dépasser les besoins de confidentialité et créer des difficultés de proportionnalité ou de concurrence.
Enfin, une clause pénale prévoyant une somme forfaitaire en cas de violation doit être proportionnée à l’objectif poursuivi. En droit français, son montant peut notamment faire l’objet d’un contrôle judiciaire dans les conditions prévues par la loi.
La qualité de l’accord dépend finalement moins de sa forme que de la précision de ses obligations. Cette précision devient particulièrement importante lorsque les informations sont consultées par les conseils et auditeurs du candidat.
Comment éviter que les informations transmises aux auditeurs soient divulguées ?
Pour limiter les divulgations pendant un audit d’acquisition, le NDA doit encadrer les personnes autorisées à consulter les documents et leur imposer des obligations adaptées. Une data room à accès restreint, une communication progressive et un suivi des consultations complètent la protection contractuelle. Le vendeur doit également anticiper l’intervention de nouveaux conseils ou financeurs.
Un audit de cession mobilise rarement le seul acquéreur. Celui-ci peut solliciter des avocats, experts-comptables, consultants, établissements financiers ou prestataires spécialisés. Chaque nouvel intervenant augmente le nombre de personnes ayant potentiellement connaissance des informations de la PME.
Il convient de distinguer trois catégories d’accès : le candidat acquéreur et son équipe décisionnaire, ses conseils professionnels, puis les financeurs et prestataires intervenant dans l’analyse.
Le NDA peut définir les personnes autorisées, limiter la communication aux besoins de l’opération et imposer à l’acquéreur de faire respecter des engagements de confidentialité appropriés. Selon les risques et l’organisation retenue, certains intervenants peuvent également signer leur propre engagement.
Une data room progressive évite de communiquer immédiatement le dossier complet. Le premier niveau peut contenir les états financiers agrégés et une présentation opérationnelle. Les contrats significatifs, détails de rentabilité et informations fortement identifiantes sont ensuite ouverts aux candidats suffisamment avancés.
Sur le plan opérationnel, les accès nominatifs, la restriction des téléchargements, la journalisation des consultations et le retrait rapide des autorisations constituent des mesures envisageables. Leur pertinence dépend de la sensibilité des données et des fonctionnalités de l’outil utilisé.
Un changement d’avocat, d’expert ou de consultant pendant la négociation doit également être anticipé. La clause relative aux représentants de l’acquéreur peut prévoir que les obligations demeurent applicables aux personnes ayant précédemment reçu les informations, même lorsqu’elles cessent de participer à l’opération.
Enfin, les documents les plus sensibles peuvent être présentés sous forme expurgée, anonymisée ou agrégée. Dans certaines situations, un examen réservé à des professionnels indépendants peut limiter l’exposition directe du candidat concurrent.
La gestion des accès doit être pensée dès la préparation de l’audit, car une rupture des négociations ne permet pas toujours de reprendre effectivement toutes les informations consultées.
Quand et comment exiger la restitution ou la destruction des données après une négociation avortée ?
Le vendeur doit prévoir dans le NDA les situations déclenchant la restitution ou la destruction des informations, notamment l’abandon des négociations, leur clôture ou une demande écrite conforme au contrat. Un registre documentaire et une attestation de destruction permettent de formaliser cette procédure, sans garantir matériellement qu’aucune copie ou connaissance résiduelle ne subsiste.
La fin d’une négociation peut intervenir après plusieurs échanges d’informations, parfois répartis entre les dirigeants, leurs conseils et différents supports numériques. Le vendeur doit pouvoir identifier les documents transmis et les obligations qui subsistent après l’arrêt du processus.
Les déclencheurs contractuels peuvent inclure l’annonce explicite d’un abandon, la fin d’une période convenue ou une demande motivée du vendeur. Le silence prolongé d’un candidat peut également faire l’objet d’une procédure de relance et de clôture définie à l’avance.
La restitution concerne les documents matériels et, selon les stipulations convenues, les copies numériques, extractions et notes contenant des informations protégées. Les sauvegardes automatiques et les archives conservées pour respecter des obligations légales ou professionnelles exigent un traitement spécifique.
Un engagement réaliste peut distinguer les données immédiatement supprimables des archives dont la conservation reste nécessaire. Les copies exceptionnellement conservées doivent demeurer protégées, être soumises à des restrictions d’accès et ne pas être réutilisées pour une autre finalité.
Checklist : sécuriser la clôture d’une négociation de cession
- Recenser les informations communiquées et produire un inventaire daté des documents transmis.
- Notifier formellement la fin des échanges et conserver une copie de la notification adressée à l’acquéreur.
- Demander la restitution ou la destruction des documents concernés et établir une liste des supports visés.
- Obtenir une attestation écrite précisant les mesures réalisées, les destinataires concernés et les éventuelles exceptions de conservation.
- Vérifier la révocation des accès numériques et archiver un dossier de clôture réunissant les preuves disponibles.
La restitution ne remplace pas l’obligation de non-utilisation. Un candidat pourrait avoir mémorisé des éléments stratégiques sans conserver le document d’origine. Une clause de non-utilisation applicable pendant une durée adaptée permet d’encadrer contractuellement cette situation.
Une éventuelle clause de non-démarchage doit rester distincte, précisément limitée et juridiquement proportionnée. Son application dépend notamment du droit applicable et des intérêts légitimes à protéger.
En cas de soupçon de violation, les journaux d’accès, correspondances et attestations peuvent faciliter l’établissement des faits. Ils ne démontrent toutefois pas automatiquement une exploitation fautive. L’opportunité d’une action judiciaire doit être appréciée au regard des preuves, du préjudice, des coûts et des recours disponibles.
Cette logique préventive doit commencer encore plus tôt, parfois dès la première prise de contact avec un dirigeant susceptible de reprendre la PME.
Comment approcher un dirigeant acquéreur sans compromettre la confidentialité d’un éventuel départ ?
Pour approcher discrètement un dirigeant acquéreur, le vendeur doit limiter les informations du premier contact à une description non identifiante de l’entreprise et vérifier l’intérêt réel du candidat avant toute divulgation sensible. La confidentialité d’un projet de cession et celle du départ éventuel du dirigeant doivent être organisées séparément, car elles n’impliquent pas nécessairement les mêmes interlocuteurs.
Contacter directement un dirigeant du même secteur présente un intérêt commercial, mais aussi un risque de circulation informelle de l’information. Un échange avec un concurrent, un fournisseur commun ou un acteur influent du marché peut conduire à des suppositions sur la situation de l’entreprise.
Le premier message devrait donc privilégier une présentation générique : secteur d’activité, dimension approximative et zone géographique suffisamment large. L’identité de la société, celle des principaux clients et les raisons personnelles du départ du propriétaire n’ont pas nécessairement à être révélées.
Un intermédiaire spécialisé dans la transmission d’entreprise peut organiser cette approche en préservant initialement l’identité du vendeur. Il doit lui-même respecter des engagements de confidentialité adaptés et des consignes de communication précises.
La prudence concerne aussi la situation du candidat acquéreur. Si celui-ci dirige une autre société ou demeure salarié d’un groupe, ses obligations professionnelles peuvent soulever des questions de conflits d’intérêts, de confidentialité ou d’utilisation de ressources appartenant à son employeur.
Le vendeur doit distinguer deux informations sensibles : l’existence d’un projet de vente et l’éventualité d’un départ de la direction. La première intéresse principalement les acquéreurs et les conseils. La seconde peut avoir des conséquences particulières sur les salariés, les clients et les partenaires commerciaux.
Une stratégie de communication interne distincte doit prévoir les personnes informées, le moment approprié et les obligations légales éventuellement applicables. En France, certaines opérations de vente peuvent notamment relever de dispositifs spécifiques d’information des salariés, qui doivent être examinés séparément des engagements de confidentialité.
Lorsque le premier contact suscite un intérêt, un document de présentation anonyme permet de poursuivre la qualification du candidat sans ouvrir immédiatement l’accès au dossier complet.
Pourquoi utiliser un teaser anonyme avant de dévoiler le dossier complet d’une PME ?
Le teaser anonyme permet de présenter une opportunité de reprise sans identifier immédiatement l’entreprise concernée. Il donne au candidat les informations nécessaires pour évaluer son intérêt général, tout en réservant les données sensibles à une phase ultérieure. La signature d’un accord de confidentialité et une première vérification du profil de l’acquéreur peuvent conditionner l’accès au dossier détaillé.
Un teaser est un document de présentation synthétique destiné à susciter l’intérêt d’acquéreurs pertinents. Il doit décrire l’activité de manière suffisamment concrète pour permettre une première sélection, sans divulguer les éléments qui permettraient de reconnaître facilement la société.
Les informations utiles peuvent comprendre une description générale du secteur, le positionnement de l’entreprise, une zone géographique élargie, un ordre de grandeur de son activité et quelques caractéristiques différenciantes présentées avec prudence.
Le principal risque réside dans l’identification par recoupement. Une PME présente sur une niche très étroite pourrait être reconnue à partir de la combinaison de son activité, de sa localisation précise et de son effectif exact, même si sa dénomination sociale n’apparaît pas.
À l’inverse, un teaser excessivement vague attire des candidats incapables d’apprécier la pertinence de l’opportunité. Il peut multiplier les échanges inutiles et retarder l’identification des repreneurs sérieux.
Exemple hypothétique : préserver l’anonymat d’une PME industrielle
Un dirigeant envisage la vente d’une entreprise spécialisée dans la fabrication de composants techniques. Un teaser mentionnant sa commune exacte, son nombre précis de salariés et une spécialisation rare permettrait potentiellement à un concurrent de la reconnaître.
Une présentation indiquant plutôt une PME industrielle implantée dans une région élargie, avec un positionnement technique défini et des indicateurs financiers agrégés, pourrait limiter cette identification tout en permettant aux candidats pertinents de manifester leur intérêt.
Le passage à l’étape suivante ne doit pas dépendre uniquement de la curiosité du candidat. Le vendeur peut examiner l’activité du repreneur, les motivations déclarées, la cohérence de son projet et les premiers éléments de sa capacité financière.
La signature d’un NDA intervient alors avant la communication des informations permettant d’identifier précisément l’entreprise ou d’accéder aux données commerciales et financières sensibles.
Le teaser constitue ainsi une première étape de sélection, et non un substitut à l’accord de confidentialité. Une fois le candidat qualifié, le vendeur peut préparer une présentation plus détaillée, adaptée à l’avancement de la négociation.
À retenir avant de transmettre le dossier complet
- Le dossier de présentation doit être construit en fonction des informations réellement couvertes par l’accord de confidentialité signé.
- Les données nécessaires pour convaincre un candidat ne sont pas nécessairement celles dont il aura besoin pour réaliser un audit approfondi.
- La cohérence des documents et la justification des résultats financiers renforcent la crédibilité du vendeur tout en limitant les demandes d’informations prématurées.
Comment préparer un dossier de présentation d’entreprise qui attire des acquéreurs sérieux tout en restant protégé ?
Un dossier de présentation efficace doit permettre à l’acquéreur d’apprécier l’activité, la rentabilité, l’organisation et les perspectives de la PME sans recevoir immédiatement toutes ses informations sensibles. Il est préférable de distinguer une présentation synthétique remise après signature du NDA d’un dossier d’audit détaillé réservé aux candidats avancés.
La préparation commence par une vérification de cohérence entre le contenu du dossier et le périmètre contractuel de confidentialité. Les catégories de données communiquées, les personnes autorisées à y accéder et leur utilisation prévue doivent être compatibles avec les engagements signés.
Le premier dossier peut présenter l’historique de l’entreprise, son modèle économique, ses principaux marchés, ses résultats financiers agrégés, son organisation et ses perspectives. Il doit également expliquer les raisons de la cession de manière crédible.
Les acquéreurs sérieux cherchent notamment à comprendre la régularité des performances, la qualité du carnet de commandes, la concentration éventuelle de la clientèle et la capacité de l’entreprise à fonctionner sans dépendre entièrement du dirigeant actuel.
Les informations les plus sensibles peuvent être réservées à l’audit approfondi : détail des ventes par client, contrats nominatifs, conditions commerciales, marges par affaire, données individuelles et documents stratégiques internes.
Cette distinction permet de donner une image fidèle de la PME sans multiplier inutilement les risques d’exploitation des informations par des candidats qui ne concrétiseront peut-être jamais leur projet d’acquisition.
La qualité documentaire est également déterminante. Des écarts inexpliqués entre les présentations financières, les comptes et les projections peuvent susciter des demandes supplémentaires et fragiliser la confiance. Les hypothèses de croissance doivent être identifiées comme telles, documentées et distinguées des résultats historiques.
Les données personnelles non nécessaires à l’évaluation doivent être supprimées, anonymisées ou présentées sous forme agrégée lorsque cela est approprié. Cette précaution ne dispense pas d’une analyse du cadre juridique des transmissions effectivement réalisées.
Enfin, le dossier doit rester actualisé et ses versions contrôlées. Chaque communication peut être inscrite dans un registre mentionnant le destinataire, la date, la version du document et les éventuelles restrictions d’utilisation.
Avant d’envoyer la première présentation nominative à un repreneur, le dirigeant devrait faire relire l’accord de confidentialité, vérifier le sérieux du candidat et valider un calendrier de communication progressive avec ses conseils juridiques et financiers.
Un accord de confidentialité est-il obligatoire avant de vendre une PME ?
En France, il n’existe pas d’obligation générale de signer un NDA pour toute négociation de cession de PME. Certaines informations peuvent déjà bénéficier d’une protection légale, notamment dans le cadre des négociations ou du secret des affaires. Un accord écrit reste toutefois fortement recommandé pour définir les informations protégées, les destinataires autorisés et les conditions d’utilisation.
Quelle durée de confidentialité faut-il prévoir dans un NDA de cession ?
Il n’existe pas de durée universelle adaptée à toutes les négociations. Les parties doivent distinguer la période pendant laquelle les documents peuvent être échangés de celle pendant laquelle leur confidentialité continue d’être protégée. La durée retenue dépend notamment de la sensibilité des informations, de leur durée de valeur économique et du droit applicable. Une protection spécifique peut être nécessaire pour certains secrets d’affaires.
Peut-on transmettre un fichier clients complet après la signature du NDA ?
La signature ne suffit pas à autoriser automatiquement la communication d’un fichier clients complet. Il faut vérifier la nécessité de cette transmission, la présence éventuelle de données personnelles, la finalité de leur utilisation et les exigences du droit applicable. Dans de nombreux audits préliminaires, une présentation agrégée ou anonymisée peut répondre aux besoins du repreneur.
Un modèle standard de NDA téléchargé en ligne suffit-il pour une cession ?
Un modèle générique peut servir de point de départ, mais il doit être adapté à l’opération, au profil de l’acquéreur, aux informations concernées et aux intervenants autorisés. Les obligations de non-utilisation, la restitution des documents, la durée, les sanctions et le droit applicable méritent une attention particulière. Une relecture par un professionnel du droit est recommandée avant la communication de données sensibles.
Que faire si un acquéreur refuse de signer l’accord de confidentialité ?
Le vendeur peut rechercher les raisons de ce refus et proposer des ajustements proportionnés, notamment concernant la durée, les personnes autorisées ou les sanctions. Tant qu’aucune protection satisfaisante n’est convenue, il est prudent de limiter les échanges aux informations non sensibles et non identifiantes. Si le désaccord persiste, le vendeur peut décider de ne pas poursuivre la communication de son dossier confidentiel.